Un chan­ge­ment de men­ta­li­tés s'im­pose pour faire face au chan­ge­ment cli­ma­tique

Accents28 mai 2021

Les catastrophes naturelles peuvent provoquer des dommages considérables. Les assureurs ont donc tout intérêt à contribuer à la préservation durable de l’environnement afin de réduire au maximum les risques environnementaux et leurs potentielles conséquences financières.

Le changement climatique accroît énormément les risques environnementaux. Les catastrophes naturelles peuvent provoquer des dommages matériels considérables – pas uniquement dans les pays lointains, mais aussi en Suisse Le rapport du National Centre for Climate Services sur les scénarios climatiques en 2060 pour la Suisse met en avant d’importants changements. Les étés devraient être plus secs, les jours de canicule plus nombreux mais, parallèlement, l’intensité des précipitations devrait se renforcer. Par contre, l’enneigement en hiver risque d’être nettement moins abondant. Le changement climatique est déjà une réalité comme en attestent clairement les inondations survenues ces dernières années en Suisse centrale, en Romandie et au Tessin. Le Global Risk Report 2021 confirme ces constats : l’économie mondiale est exposée à des risques non négligeables en raison du changement climatique et de ses effets. Pour l’ASA, une politique climatique d’envergure et efficace s’avère donc incontournable.

Politique climatique – Oui à la loi sur le CO2

L’ASA salue l’Accord de Paris qu’elle estime global et pertinent. En conséquence, l’ASA soutient la révision totale de la loi sur le CO2 ainsi que l’objectif global national, inscrit dans la loi, de réduction des émissions des gaz à effet de serre d’ici 2030 de 50 pour cent par rapport à celles de 1990. L’objectif national formulé dans la loi constitue une approche pragmatique qui devrait permettre d’atteindre l’objectif global de 50 pour cent, estime l’ASA. Les réductions des émissions à l’étranger pourront à moyen terme aussi être appliquées à moindres coûts que celles dans notre pays. Il est toutefois primordial que la Suisse assume sa responsabilité et qu’elle s’engage à tenir ses objectifs de réduction des émissions sur le territoire national. C’est la raison pour laquelle l’ASA considère que les objectifs nationaux constituent des objectifs a minima qui devraient plutôt être relevés et en aucun cas abaissés. L’ASA a bien conscience des risques induits par le changement climatique et répond donc d'une politique climatique d’envergure et de la réduction significative des émissions des gaz à effet de serre. L’ASA soutient la loi sur le CO2 telle que révisée et est membre du comité « Économie suisse pour la loi sur le CO2 ».

Parallèlement, l’initiative populaire « Pour un climat sain (initiative pour les glaciers) » a été déposée : elle réclame la réduction à zéro net des émissions de gaz à effet de serre par la Suisse d’ici à 2050. À partir de cette date, les énergies fossiles devront être totalement interdites. Par ailleurs, l’initiative préconise que les émissions de CO2 soient neutralisées par des puits de carbone uniquement en Suisse. Le 3 avril 2020, le Conseil fédéral a décidé d’opposer un contre-projet direct à l’initiative sur les glaciers. Ce dernier cible le même objectif que l’initiative populaire « réduction à zéro net des émissions de gaz à effet de serre en Suisse d’ici à 2050 », sans interdiction des énergies fossiles à partir de 2050 ni défense formelle des puits de carbone à l’étranger. L’ASA soutient les préoccupations de l’initiative pour les glaciers. Cette dernière va néanmoins très loin dans sa mise en œuvre, raison pour laquelle l’ASA salue ce contre-projet direct qui reprend les propositions les plus essentielles de l’initiative.

Dommages naturels – risques potentiellement plus importants

L’économie et la population suisses sont exposées à toute une série de risques naturels pouvant entraîner la mort, des dommages corporels ou des dommages économiques considérables. La Suisse dispose toutefois d’une assurance nationale couvrant les dommages provoqués par les forces de la nature : toute compagnie d’assurances proposant une assurance Incendie en Suisse est tenue d’inclure également les risques naturels dans sa couverture. Le changement climatique et ses nouvelles implications météorologiques ainsi que l’augmentation et la concentration des valeurs assurées accroissent le potentiel de sinistres. Il est donc d’autant plus fondamental d’offrir une assurance efficace pour couvrir les dommages dus à des événements naturels, tout en pratiquant une politique climatique visionnaire.

Apporter une réponse commune aux risques naturels

En comparaison internationale, la Suisse dispose d’une couverture exemplaire des risques naturels et de leurs conséquences qui fonctionne selon le principe de la solidarité. Dans la mesure où ces dommages devraient selon toute vraisemblance continuer de se multiplier à l’avenir, nombre d’assureurs investissent déjà dans des mesures de prévention : par exemple dans le cadre de campagnes de sensibilisation censées présenter à la population les comportements à adopter pour se protéger. Par ailleurs, il faut régulièrement vérifier les informations concernant les différents risques. Dans cet esprit, l’ASA a élaboré conjointement avec la Confédération et d’autres partenaires une nouvelle carte de l’aléa ruissellement afin de mieux se préparer au risque croissant de fortes précipitations. Par ailleurs, une nouvelle carte de l’aléa de grêle a été publiée en 2021. Établie à partir des données et des méthodes les plus récentes, elle indique la gravité du risque de chutes de grêle dans différentes localités de Suisse. Ce projet a reçu un large soutien de la part de l’ASA. En effet, la réduction de la somme des sinistres aussi doit fonctionner en Suisse selon le principe de la solidarité. La prévention en amont, les mesures en cas de catastrophe et l’élimination des sinistres par la suite ne peuvent être abordées que par la conjugaison des forces de l’ensemble des parties impliquées.