L’exposé de M. Albert Lauper – conférence des médias 2003

Albert Lauper, Vice-président de l'ASA

Albert Lauper, Vice-président de l'ASA

Assurer l’avenir – offensive des assureurs privés dans la formation professionnelle
Seul le texte prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs

En l’an 2000, l’ASA a fêté son 100e anniversaire en se donnant pour mot d’ordre «Assurer l’avenir». En jetant aujourd’hui un regard sur les exposés, allocutions de bienvenue et déclarations prononcés à cette occasion, c’est une branche sûre d’elle, confiante, voire optimiste que je rencontre. Les événements et l’évolution que nous avons connus ces deux dernières années ont assombri – en partie du moins – cette image, comme notre président l’a déjà constaté. En effet, bien que nous ayons déjà su, à cette époque, qu’il y aurait une multitude de défis à relever, l’intensité et la dimension des questions et des problèmes nous ont tous surpris. A l’heure actuelle, à la lueur de ce qui s’est passé, diverses entreprises analysent leur positionnement sur le marché. Objectifs, stratégies, structures et procédures de management sont remis en question, évalués et adaptés.

Dans ce système d’organisation et de direction des entreprises, il reste cependant des éléments dont la valeur et l’importance demeurent constantes et indubitables. Le savoir est l’un de ces facteurs, et nos entreprises continuent de lui accorder, en tant qu’instrument de direction stratégique, un degré de priorité élevé. Même dans des périodes de fortes turbulences, tout le monde s’accorde sur un point: le développement des compétences professionnelles, sociales et méthodologiques de chaque collaboratrice et collaborateur est un investissement qui contribue dans une large mesure au succès de toute entreprise. Il n’est donc guère surprenant que les sociétés d’assurances de Suisse affectent à la formation, globalement, des millions chaque année, et ce par montants à trois chiffres.

Quelle que soit l’importance des efforts consentis par les différentes sociétés, on s’accorde à penser qu’il est nécessaire de s’engager en faveur de la formation de base et du perfectionnement au niveau de l’Association aussi – et donc dans un cadre allant au-delà de celui de l’entreprise proprement dite. Et c’est donc sur la base de cette reconnaissance claire de l’importance de la formation de base et du perfectionnement que notre Association est active, déployant des efforts considérables, tant en personnel que financièrement. 

J’aimerais vous informer de cet engagement qu’il faut considérer, quasiment, comme un «contrat intergénérations» et vous montrer qu’au niveau de l’ASA, nous prenons très au sérieux le mandat qui nous incombe en matière de politique de formation.

Les jeunes

En Suisse, il y a environ un demi-million de jeunes âgés de 15 à 20 ans. Se préparant à la vie active, à la veille de devenir des adultes, ils abordent des moments clés de leur vie. Beaucoup de ces 15 à 20 ans se trouvent au beau milieu de leur formation: les uns dans les écoles professionnelles, les autres dans les gymnases. Pour eux et leurs professeurs, nous avons créé il y a largement deux ans un outil didactique (illustration ou séquence d’illustrations). Au terme d’un travail intensif et en contact permanent avec des groupes d’écoliers, une équipe de spécialistes a développé «Assourire». Ces prochains mois, nous adapterons ce produit aux nouvelles évolutions, tant du point de vue de son contenu que sur le plan technique, afin qu’il conserve tout son attrait.

Nous poursuivons deux objectifs avec cet outil didactique: nous voulons, d’une part, rendre compréhensible pour les jeunes cette matière abstraite qu’est l’assurance et les familiariser avec ce domaine en utilisant les nouveaux moyens de communication «en l’adaptant à leur niveau». D’autre part, nous leur montrons, à l’aide d’exemples concrets, qu’il peut être très intéressant et même captivant de travailler dans une compagnie d’assurances.

Les 15 à 20 ans sont eux aussi exposés chaque jour au risque. Il est de notre intérêt qu’ils apprennent aussi tôt que possible à vivre avec ces risques. Cette démarche inclut l’acquisition de certaines notions de base concernant le système de prévoyance et d’assurance propre à notre pays. Par ailleurs, c’est dans cette tranche d’âge que sont prises les premières décisions concernant la profession future. Je pense que l’attrait des compagnies d’assurances en tant qu’employeurs est sous-estimé. Et dans cette perspective également, nous avons la ferme volonté de faire diverses choses.

Une brochure intitulée «Les métiers de l’assurance» a été lancée sur le marché il y a quelques jours (Illustrations). Vous trouverez cet exemple tout récent de nos activités d’information dans le dossier de presse qui vous a été remis. En collaboration avec l’Association suisse pour l’orientation scolaire et professionnelle, nous avons créé un auxiliaire d’orientation et de décision qui entend indiquer aux jeunes les possibilités, chances et perspectives offertes par la branche de l’assurance privée. S’y trouvent aussi, entre autres choses, les principaux éléments de la réforme de la formation de base d’employés de commerce.

Formation commerciale de base

En Suisse, quelque 100 000 jeunes achèvent chaque année leur scolarité obligatoire. Deux tiers d’entre eux – et donc plus de 65 000 adolescents – commencent un apprentissage; et parmi eux, 12 000 optent pour une formation commerciale.

Les entreprises affiliées à l’ASA sont, par tradition et par conviction, engagées dans la formation d’apprentis. Depuis des années, plus de 2000 apprentis sont en formation dans l’assurance privée – à l’heure actuelle, on en compte environ 2300 (Illustration). Contrairement aux communiqués de presse émanant d’autres branches, il ressort d’une enquête menée auprès de nos sociétés membres que les assureurs poursuivront pleinement leur engagement même dans le contexte difficile d’aujourd’hui. Il allait donc de soi que nous ayons collaboré dès le début et de manière intensive à l’immense projet «Réforme de la formation commerciale de base» par l’intermédiaire de notre Association pour la formation professionnelle en assurances (AFA). Nous avons contribué à la formulation des objectifs de la formation, à la définition des contenus de l’enseignement et à la forme que devaient prendre concrètement les examens. Notre engagement a été complété par divers essais pilotes réalisés dans les compagnies d’assurances. La formation commerciale aura une grande étape à franchir avec la mise en Suvre de la réforme durant l’été 2003, incluant la maturité professionnelle.

Notre association professionnelle est bien préparée. Des modèles d’apprentissages et des cours portant sur les notions de base de l’assurance allant au-delà de ce qui est enseigné dans l’entreprise sont prêts et, il y a quelques jours, notre comité de direction a approuvé un concept de financement de l’ordre d’environ 1,5 million de francs destiné à la création d’un nouveau manuel pour les apprentis.

En tant qu’employeurs, nous avons besoin de cette poursuite du développement et sommes persuadés que, grâce à elle, nous pourrons continuer d’offrir aux jeunes une formation professionnelle compétitive et novatrice.

Examens professionnels et supérieurs

Sur cette voie de l’apprentissage qui dure toute la vie, j’en arrive au système central de qualification professionnelle qui s’inscrit dans le prolongement de l’apprentissage professionnel. Avec les niveaux examen professionnel (et donc l’obtention du brevet) et l’examen professionnel supérieur (avec obtention du diplôme), le système est à deux niveaux. Avec le brevet, le candidat obtient la confirmation qu’il a achevé avec succès une formation proche de la pratique qui fait de lui un spécialiste qualifié. L’examen supérieur qui permet d’obtenir un diplôme fédéral se greffe sur l’examen professionnel ou un premier cursus universitaire. Le candidat ou la candidate acquiert le bagage professionnel et méthodologique qu’il pourra mettre en Suvre dans des fonctions d’encadrement.

La rapidité de l’évolution observée dans les banques et les assurances au milieu des années nonante a bouleversé la formation de base et le perfectionnement, engendrant de nouveaux domaines professionnels et de nouveaux profils professionnels. C’est la raison pour laquelle un groupe de travail constitué en 1997 et composé de représentants des banques, des assurances ainsi que des spécialistes en planification financière est arrivé à la conclusion que les examens professionnels et les examens supérieurs ne pouvaient être menés à bien qu’au moyen d’un système modulaire, permettant une adaptation souple et dans les délais les plus brefs aux nouvelles conditions. Après des travaux préparatoires intensifs, l’organe suisse responsable pour les examens professionnels et supérieurs de banque, d’assurance et de planification financière a été fondée à la fin de 1999. Les premiers examens selon le nouveau règlement ont eu lieu au printemps 2000.

Et aujourd’hui? L’abandon de l’examen traditionnel et le passage à la possibilité de suivre des cours de manière ciblée sous forme de modules sélectionnés et de passer l’examen correspondant est devenu une véritable « sucess story » (3 illustrations successives). Vous voyez tout d’abord l’évolution relative au diplôme avec un triplement du nombre des candidats depuis l’an 2000. Les chiffres qui concernent le brevet sont encore plus impressionnants, pas moins de 3239 candidats ont subi les examens pour un nombre total de 13 653 modules. La troisième illustration nous montre le nombre d’inscriptions aux apprentissages de l’année en cours. Comme vous le voyez, l’intérêt porté aux cours que nous proposons ne faiblit pas. Ces chiffres nous remplissent de fierté, mais nous causent aussi certains soucis. Environ 1500 personnes ont accepté l’automne dernier de corriger les épreuves écrites et de faire passer les oraux. Selon le plus pur des « systèmes de milice », c’est-à-dire en parallèle à une activité professionnelle principale; mais seul l’engagement des compagnies et le fait qu’elles acceptent de libérer les spécialistes de leurs obligations usuelles ont permis de donner une qualification aux banquiers, aux assureurs et aux spécialistes en planification financière. Dans leurs propres entreprises, ces spécialistes occupent des postes où les responsabilités et les exigences sont élevées. Il nous faut reconnaître les limites du système de milice sans toutefois faire de compromis au niveau de la qualité.

Niveau académique

Au niveau académique, l’ASA n’est pas directement active. L’offre nationale et internationale dans le domaine des études supérieures et au niveau le plus élevé des fonctions d’encadrement est complète et de qualité élevée. Notre association est cependant étroitement liée à l’unique institut d’assurances en Suisse, l’Institut d’économie de l’assurance de l’Université de St-Gall. Notre comité de direction a décidé, il y a quelques jours, d’augmenter le soutien financier qu’il accorde à cet institut. Ce qui lui garantira, à l’avenir aussi, une marge de manSuvre dans les domaines de la recherche et de l’enseignement.

Service externe

Après cet aperçu de notre système de formation, j’aimerais encore parler d’une autre catégorie de collaborateurs qui, pour nous assureurs, est d’une importance capitale. Il s’agit du service externe, de ces personnes qui, à titre principal, vendent nos produits et qui sont perçues par le public comme étant les «représentants» (dans les deux sens du terme) de notre branche. Même si, ça et là, les journaux parlent de ceux que l’on appelle des «moutons noirs», je constate que, dans l’ensemble, les compagnies travaillent de manière très professionnelle et intensive à la formation du service externe.

Il y a des années déjà que de nombreuses études pronostiquaient le déclin de ce canal de vente en raison de la création de voies de distribution alternatives. (Illustration) Or, il s’avère que plus de 10 000 personnes – soit près de 20 pour cent du nombre total de personnes occupées dans notre branche – exercent leur activité dans le domaine du conseil à la clientèle. Il s’avère aussi qu’à ce jour, il n’existe aucune prescription légale sur l’habilitation à exercer la profession et la formation des conseillers en assurance. Chacun sait que cela devrait changer avec la révision de la loi sur la surveillance et de la loi sur le contrat d’assurance. Avec la transposition de la directive de l’UE sur les intermédiaires, le profil d’exigences sera défini – également dans le domaine de la formation. L’ASA est favorable à cette évolution. Au sein de l’Association, nous avons élaboré des plans de formation en ce sens en collaboration avec notre Association pour la formation professionnelle en assurances, (l’AFA), et nous sommes également prêts à collaborer activement à la tenue d’un registre central.

Dans le même ordre d’idées, je vous rappelle volontiers que les clients critiques et bien informés nous intéressent, nous, assureurs. La transparence de notre côté est un mot clé à ce sujet – Monsieur Bättig vient d’ailleurs de s’exprimer à ce sujet. Au niveau de l’Association, nous mettons des informations à la disposition de nos clients, que nous souhaitons « informés » et « avisés », indépendamment des prescriptions légales. (Illustration) Notre «ABC des assurances privées» n’en est qu’un exemple.

L’avenir

Mesdames et Messieurs,

Dans ce marché déréglementé et axé sur la clientèle, la formation continuera de gagner en importance. Nous entendons, à l’avenir également, assumer de manière offensive les tâches en découlant au niveau de l’Association en tenant compte des modifications qui s’observent à la fois sur le marché et dans le paysage de la formation. Pour être certains d’axer notre engagement et nos investissements dans la bonne direction, nous avons confié à l’Institut d’économie de l’assurance de l’université de St-Gall, en novembre dernier, le soin de réaliser une étude. Indépendamment de la formation telle qu’elle est pratiquée usuellement et que nous avons précédemment décrite, nous aimerions savoir si nous investissons nos ressources de manière optimale en nous plaçant dans l’optique de nos collaborateurs et des sociétés qui nous sont affiliées, compte tenu des tendances qui s’observent dans le domaine de la formation. Cet «Concept global de la formation et de la formation continue dans l’industrie de l’assurance suisse» devrait apporter des réponses à ces questions. Les résultats de l’étude devraient être disponibles avant les vacances d’été 2003. Ils seront pour nous la base et le fondement de nos décisions pour la planification de nos activités dans le domaine de la formation.

Je vous remercie de votre attention.

Document

Connaissance en assurance